Category: Livres,Tourisme et voyages,Récits de voyages
La Route Bleue (LITTERATURES) Details
Dans La Route bleue, Kenneth White part à la recherche du Labrador, territoire canadien fantasmé depuis longtemps. Nous le suivons dans son périple depuis Montréal. En chemin, il rencontre des Amérindiens, des mineurs, des chasseurs, des descendants d’Écossais, de jeunes Pocahontas, de vieux chamans. Il visite les mines et les réserves, écume les bars, scrute les paysages et écoute le monde. Plein d’humour et de poésie, ce récit de voyage est aussi un texte d’initiation. Le routard qui nous parle est un intellectuel nomade et inversement : aux petits tracas quotidiens du voyageur, aux dialogues truculents avec Eskimo Joe ou d’autres personnages hauts en couleurs, alternent rêverie philosophique et références à une constellation d’écrivains et de penseurs libres.Kenneth White, né en Écosse, vit en France depuis 1967. Il a obtenu le prix Médicis étranger en 1983 et le Grand Prix du rayonnement français de l’Académie française en 1985. Il est à l’origine du concept de nomadisme intellectuel et fonde l’Institut international de géopoétique en 1989. Aux éditions Le mot et le reste il est déjà l’auteur de Dérives, Les Cygnes sauvages, Les Vents de Vancouver, La Mer des lumières, Au large de l’histoire et La Figure du dehors.

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De ses nombreuses pérégrinations intellectuelles et géographiques, Kenneth White prend le chemin bleu du fleuve Saint-Laurent que les Amérindiens ont de tout temps nommé le « chemin qui marche », de Montréal au Labrador, comme un itinéraire ample et inspirant, un cheminement mental vers le dépouillement et la clairvoyance. En cherchant à remonter aux « principes », le poète fraie avec les éléments primordiaux : « roche, vent, pluie, neige, lumière » et passe des seuils jusqu??à entrer dans le « grand rapport » pour pouvoir écrire le monde.L??auteur relate ses rencontres avec humour et empathie. Sa route démarrée à Montréal s??émaille d??anecdotes drôles et révélatrices. Des listes de mots, des expressions québécoises, des haïkus s??égrènent et s??insèrent avec naturel dans le récit à mesure que les kilomètres défilent : Québec, Chicoutimi, Pointe-Bleue, Havre-Saint-Pierre, Schefferville, Goose Bay. Les terres nues du Labrador offre enfin avec la baie d??Ungava, [« Le Lieu le plus lointain » en esquimau] et ouvre sur un long poème aux accents rimbaldiens, une dérive métaphysique, sans lieu ni formule, aux abords d??un immense espace blanc.Ecrite avec allant et simplicité, fluidité et lucidité, « La Route bleue » peut trouver de nouveaux lecteurs à travers les rééditions successives (2013, 2017) et bon marché (8 ?) de l??éditeur Le Mot et le reste. Sises à Marseille, les éditions ont le bon goût de plonger dans les années fécondes de Kenneth White pour en exhumer des textes remarquables épuisés depuis des années à l??instar de « La Route bleue » [Grasset et Fasquelle, cop.1983]. Alors que le fondateur de l??Institut international de géopoétique a cédé sa place de président, il peut être éclairant pour lecteur d??aller à la rencontre d??un écrivain ensemençant les paysages de ses traversées éphémères, les fécondant durablement aux regards d??autrui avec des textes évocateurs. Bien des éléments du récit retiennent l??attention et aiguisent la curiosité. Kenneth White puise aux sources inspirantes de la littérature avec Thoreau, Lawrence, Whitman, Basho? et surtout il sait donner à ressentir la vastitude des terres d??Amérique avec une économie de moyens qui est le résultat d??une remarquable assimilation et d??une longue décantation fructueuses.


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