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Sabtu, 08 Februari 2020

Les Buddenbrook : Le déclin d'une famille

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Category: Livres,Romans et littérature,Autres littératures étrangères

Les Buddenbrook : Le déclin d'une famille Details

Les Buddenbrook, premier roman de Thomas Mann, devenu l’un des classiques de la littérature allemande, retrace l’effondrement progressif d’une grande famille de la Hanse au xixe siècle, de Johann, le solide fondateur de la dynastie, à Hanno, le frêle musicien qui s’éteint, quarante ans plus tard, dans un pavillon de la banlieue de Lübeck.Le style, tout en nuances, où l’émotion se teinte de connivence et d’ironie, d’affinités et de détachement, traduit parfaitement la relation que l’auteur entretient avec la réalité et accentue subtilement la transcription du lent processus de décadence.Les Buddenbrook ou le grand livre de la dégénérescence.

Reviews

Une construction impeccable pour un roman nous faisant partager la vie d'une famille de la haute bourgeoisie allemande qui sombre tout doucement dans le déclin. Malgré la mélancolie du thème, les scènes sont suffisamment courtes pour relancer sans cesse l'intérêt et assurer une grande diversité des atmosphères et des angles. On s'attarde surtout sur les destins de Tony (Antonie) ou de Thomas, les deux aînés de la troisième et avant-dernière génération, qui tous deux représentent la quintessence de la dignité Buddenbrook... avec ses fêlures. Si la vedette est accordée à Tony durant la première partie, c'est bientôt Thomas que l'on suit de plus près, dès le moment où il prend la tête du commerce familial. Les événements qui touchent ces deux personnages forment la trame principale du roman. Le reste de la famille est un peu en retrait quoique tour à tour, l'un ou l'autre de ses membres se retrouve sur le devant de la scène. Autour d'eux fourmillent des personnages secondaires toujours dépeints avec esprit. Croqués en quelques lignes ils complètent les touches de couleur qui forment peu à peu un grand tableau d'ensemble parfaitement organisé.Sans insister sur le monde qui change autour de cette petite communauté, Mann parvient à suggérer la déliquescence du modèle ancien face aux assauts d'une modernité entrevue ça et là. Les traditions, l'honorabilité et le prestige acquis grâce aux années, tout ceci ne suffit pas à garantir la pérennité d'un modèle qui semblait pourtant à toute épreuve. Avec les Buddenbrook, c'est tout un monde qui est remis en question, celui de la caste des marchands, dans ces villes hanséatiques qui ont construit leur richesse sur le commerce. Commerce bien sûr synonyme d'ouverture sur le monde, mais paradoxe oh combien savoureux, pratiqué par une caste qui mène une vie étriquée, corsetée dans un modèle rigide.Malgré ce cadre strict, paradoxe supplémentaire, le roman est très vivant, aucune impression de lenteur ni de pesanteur. Pour évoquer le déclin d'une famille, et d'une ville aussi (car Lübeck perd au cours de ces années son autonomie et son prestige), c'est un ton non pas enjoué, mais vif, entraînant, que Mann utilise. Son regard ironique met en lumière de manière très précise les failles de chacun, sans jamais pourtant les ridiculiser. Aucune envie de sauter un passage malgré la longueur, chaque fin de chapitre donne envie de connaître la suite, sans avoir besoin d'un cliffhanger de la mort qui tue. Du grand art, une maîtrise encore plus impressionnante quand on pense que c'est le premier roman de Thomas Mann.

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