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Sabtu, 08 Februari 2020

L'Homme sans qualité tome 2 (2)

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Category: Livres,Romans et littérature,Autres littératures étrangères

L'Homme sans qualité tome 2 (2) Details

L'Homme sans qualités n'est pas seulement l'une des œuvres majeures du XXe siècle. Elle en condense de manière incomparable les interrogations et les potentialités, les contradictions et les craintes. Elle nous offre l'extraordinaire tableau d'un monde qui allait être précipité dans la catastrophe, et dont Vienne fut le laboratoire. Né en Autriche en 1880, Robert Musil abandonne très vite sa carrière dans les armes. Après la publication de son premier roman, il décide de se consacrer entièrement à la littérature. Mort subitement en 1942, il laisse inachevé L'Homme sans qualités. Traduit de l'allemand par Philippe Jaccottet Présentation de Jean-Pierre Cometti

Reviews

Le premier volume de L??Homme sans qualités l??aura montré, le propos de Robert Musil, ce nietzschéen de gauche comme dit S. Jonsson*, ne se veut pas seulement distractif. Dans un écart constant entre rationnel et non rationnel (Intellekt und Gefühl, Geist und Leben), et sur un registre à la fois conceptuel et métaphorique, son récit discrètement ironique, qui tend à un débordement du narratif par le poétique, prend valeur de psychologie de l??amour comme de philosophie de la vie.La question de l??identité (de genre, de classe, de nation), avec son inévitable lot d??ambiguïtés, et donc de malaise, s??y avère centrale :« Qu??on se figure un chat-huant qui ne sait pas s??il est un chat ou un hibou, un être qui n??a aucune idée de soi-même, et l??on comprendra que ses propres ailes, en certaines circonstances, puissent lui inspirer une angoisse sans remède. »Fasciné par ce qu??il appelle le démonisme des profondeurs, et attentif au désir féminin, Musil explore la gamme du possible, de la sexualité sans amour à l??amour sans sexualité, sans écarter des sujets comme l??homosexualité, l??orgasme, la masturbation, l??exhibitionnisme, le sadomasochisme, la frigidité, la nymphomanie ou l??impuissance, ni même le viol conjugal, laissant deviner dans certains mariages bourgeois une vie intime pareille à une bataille de chats dans l??obscurité de la nuit.Le lecteur l??apprend au début, (« C??était une belle journée d??août 1913 »), Ulrich von?, âgé de trente-deux ans, et sportif (il possède un punching-ball dans son cabinet de toilette !), habite un petit château où il vit dans une pièce aux murs tapissés d??ouvrages. Il a découvert l??amour à vingt ans, dans les bras d??une femme mariée de beaucoup son aînée, et sa jeune maîtresse s??adonne occasionnellement à la prostitution. Après avoir tenté une carrière d??officier, abandonnée bientôt pour celle d??ingénieur, puis devenu mathématicien, il a décidé de prendre du recul et se donne un an pour réfléchir à sa vie (il déclare un jour qu??il écrira ou qu??il se tuera).? la fin du premier tome, 800 pages plus loin (nous sommes au début du printemps 1914), Ulrich reçoit la nouvelle de la mort de son père. Il prend le train pour se rendre aux obsèques, où il retrouve sa s?ur, quasiment perdue de vue. De sa rencontre avec Agathe, jeune veuve trop vite remariée, va bientôt surgir un amour aussi envoûtant qu??impossible.Les motifs de l??intrigue s??estompent, à mesure que le temps passe, dans un certain éloignement du réel, et que s??impose une sorte de rêve androgyne et mystique ?? fin de la séparation entre le Toi et le Moi, effacement de l??espace et du temps, « plus ni gauche ni droite, ni avant ni après » ??, long rêve éveillé qui ne quitte plus le narrateur (« rêve inachevé qui semblait refuser de finir »), jusqu??à l??épuisement du roman.Un livre saturé d??intelligence, qui brille par éclats, comme un phare dont le pinceau jette périodiquement une puissante lumière dans la nuit noire. Les passages ne manquent pas que l??on souhaiterait marquer d??un point d??interrogation, en regard d??une phrase, d??un paragraphe ou même d??une page dont le sens semble échapper. Mais ne se comptent pas non plus, à cocher d??une croix, et même de plusieurs, si ce n??est au feutre rouge, les pages les plus sublimes.*Stefan Jonsson, Subject Without Nation : Robert Musil and the History of Modern Identity (2000)

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